Suspension de permis et relaxe : un rappel essentiel du Conseil d’État (10 juillet 2025)
🟩 1. Introduction : un rappel bienvenu
Le Conseil d’État, dans son arrêt du 10 juillet 2025 (n° 497049), a rappelé avec force un principe que certaines préfectures appliquaient de manière trop aléatoire :
👉 lorsqu’un conducteur est relaxé, la suspension administrative prononcée avant le jugement cesse automatiquement de produire effet.
Cet arrêt ne crée rien de nouveau.
Il rappelle simplement — mais fermement — ce que dit déjà la loi.
🟩 2. Les faits de l’affaire
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Une conductrice est contrôlée pour usage de stupéfiants.
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La préfète prononce une suspension de 6 mois.
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Le tribunal judiciaire la relaxe quelques semaines plus tard.
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Pourtant, la préfecture refuse de lui restituer son permis sans visite médicale.
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Le tribunal administratif condamne l’État.
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Le ministère se pourvoit…
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Le Conseil d’État confirme la condamnation.
Un cas malheureusement fréquent sur le terrain.
🟩 3. Le principe rappelé par le Conseil d’État
Le Conseil d’État applique strictement l’article L.224-9 du Code de la route qui prévoit dans son 2ème alinéa :
« Les mesures administratives prévues aux articles L. 224-1 à L. 224-3 et L. 224-7 sont considérées comme non avenues en cas d’ordonnance de non-lieu ou de jugement de relaxe ou si la juridiction ne prononce pas effectivement de mesure restrictive du droit de conduire ».
✔️ 1. La relaxe rend la suspension automatiquement sans effet
Il n’y a rien à demander : la suspension tombe de plein droit.
✔️ 2. Le préfet ne peut imposer aucune condition supplémentaire

Conseil d’Etat @Maître Etienne LEJEUNE avocat permis
Sont notamment illégaux :
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visite médicale obligatoire,
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tests psychotechniques,
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passage en commission médicale,
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délai supplémentaire avant restitution.
Aucune base légale ne permet cela après une relaxe.
👉 Lire aussi : Suspension de permis : tout ce que vous devez savoir !
🟩 4. Conséquences pratiques pour les conducteurs
Très concrètement :
👉 Permis restitué immédiatement après relaxe.
👉 Aucune visite médicale possible.
👉 Aucune formalité supplémentaire.
👉 En cas de refus injustifié : responsabilité de l’État engagée.
C’est une sécurité juridique majeure pour les conducteurs… et un rappel utile pour les préfectures.
🟩 5. Cas pratique n°1 : suspension stupéfiants et relaxe
Un conducteur est suspendu pour usage de stupéfiants.
Quelques mois plus tard, il est relaxé :
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test salivaire irrégulier,
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prise de sang contestable,
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procédure non conforme.
Avant cet arrêt, certaines préfectures exigeaient malgré tout :
⛔ une visite médicale,
⛔ un test psychotechnique.
Après le rappel du Conseil d’État :
➡️ La suspension devient immédiatement caduque.
➡️ Le permis doit être rendu sans examen médical.
🟩 6. Cas pratique n°2 : suspension alcool et relaxe
Même situation pour les dossiers d’alcool au volant.
Un conducteur est suspendu administrativement.
Puis, en correctionnelle, il est relaxé en raison :
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d’un éthylomètre non conforme,
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d’un doute sur la procédure,
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d’une irrégularité dans les vérifications.
Certaines préfectures imposaient malgré tout une visite médicale.
Désormais, le Conseil d’État est clair :
➡️ Aucune visite médicale après relaxe.
➡️ La suspension cesse automatiquement.
Alcool ou stupéfiants : la règle est identique.
🟩 7. Ce qu’il faut retenir
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La loi existait déjà, mais l’arrêt rappelle sa portée.
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La relaxe met automatiquement fin à la suspension.
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Aucune condition (médicale ou autre) ne peut être imposée.
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Le conducteur retrouve son droit de conduire immédiatement.
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En cas de résistance de l’administration, le juge administratif peut indemniser.
🟩 8. Conclusion : se défendre, c’est protéger ses droits
Être suspendu ne signifie pas être condamné.
Une erreur dans la procédure, un contrôle mal réalisé ou une relaxe peut tout changer — à condition d’être bien conseillé.
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Récupérer son permis n’est pas forcément impossible. Il suffit souvent d’agir vite… et correctement.




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