Récidive de stupéfiants : le bracelet électronique évité en CRPC à Dieppe
Le 5 octobre 2026, j’assistais un conducteur devant le tribunal judiciaire de Dieppe, en Seine-Maritime, dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC).
Il était poursuivi pour conduite après usage de stupéfiants en état de récidive. Son casier judiciaire comportait plusieurs condamnations, même si la plupart étaient anciennes.
L’enjeu était important : compte tenu de ses antécédents, une peine sous bracelet électronique était initialement envisagée. Or mon client exerce une activité professionnelle avec des horaires particulièrement irréguliers, difficilement compatibles avec une telle mesure.
La préparation du dossier avant l’audience a permis de proposer au procureur une autre réponse pénale : pas de bracelet électronique, mais des jours-amende, tout en ramenant de 4 à 2 mois la durée pendant laquelle mon client ne pourrait pas solliciter un nouveau permis.
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⚖️ Le dossier en bref
🏛️ Juridiction : tribunal judiciaire de Dieppe (Seine-Maritime)
📅 Date : 5 octobre 2026
📋 Procédure : CRPC – conduite après usage de stupéfiants en récidive
🎯 Enjeux : éviter un bracelet électronique difficilement compatible avec l’activité professionnelle et limiter la durée avant de pouvoir repasser le permis
✅ Résultat : bracelet électronique évité, 150 jours-amende à 10 € et interdiction de solliciter un nouveau permis limitée à 2 mois au lieu des 4 mois initialement envisagés
Une récidive de conduite après usage de stupéfiants
Mon client comparaissait devant le tribunal judiciaire de Dieppe dans une situation qui imposait d’être réaliste sur les enjeux du dossier.
Il était poursuivi pour conduite après usage de stupéfiants en récidive et son casier judiciaire comportait plusieurs condamnations.
La majorité d’entre elles étaient anciennes, mais ces antécédents ne pouvaient évidemment pas être ignorés au moment de discuter de la peine avec le procureur.
Par ailleurs, en cas de récidive de conduite après usage de stupéfiants, l’annulation du permis de conduire est obligatoire.
Il ne s’agissait donc pas de promettre à mon client l’impossible.
En revanche, plusieurs éléments essentiels restaient à défendre : la nature de la peine principale, ses conséquences sur son activité professionnelle et la durée pendant laquelle il lui serait interdit de solliciter la délivrance d’un nouveau permis.
Une CRPC qui se prépare avant le jour de l’audience
Une audience de CRPC ne se prépare pas uniquement quelques minutes avant d’entrer dans le bureau du procureur.
Dans ce dossier, j’avais demandé à mon client d’anticiper l’audience afin de pouvoir démontrer concrètement que sa situation avait évolué depuis les faits.
Je lui avais notamment conseillé d’engager une démarche de soins et de réaliser des analyses régulières permettant d’objectiver l’arrêt de sa consommation de stupéfiants.
Mon client a parfaitement suivi ces recommandations.
Le 5 octobre, nous pouvions donc présenter au procureur non pas de simples déclarations d’intention, mais des éléments concrets sur son évolution depuis les faits.
Cette préparation allait être particulièrement utile au moment de discuter de la peine.
À Dieppe, le procureur envisage initialement un bracelet électronique
À 8h30 débute la première phase de la CRPC devant le procureur de la République.
Compte tenu notamment des antécédents judiciaires de mon client, le parquet envisage initialement une détention à domicile sous surveillance électronique, autrement dit un bracelet électronique.
Une telle peine n’était pas incohérente au regard de son passé judiciaire.
Mais elle soulevait une difficulté très concrète.
Mon client exerce une profession avec des horaires particulièrement irréguliers. Les contraintes inhérentes au bracelet électronique risquaient donc d’avoir des conséquences importantes sur son activité professionnelle.
C’est notamment sur ce point que la discussion avec le procureur s’est engagée.
Des jours-amende à la place du bracelet électronique
J’ai présenté les démarches accomplies par mon client depuis les faits, notamment les soins entrepris et les analyses régulières dont nous disposions.
Ces éléments permettaient de montrer que la situation du conducteur au jour de l’audience avait évolué.
J’ai donc proposé au procureur de retenir une autre peine permettant de maintenir une sanction effective, mais davantage compatible avec sa situation professionnelle : des jours-amende.
Le procureur a accepté cette proposition.
Nous nous sommes finalement accordés sur une peine de 150 jours-amende à 10 €, soit 1 500 € au total.
Le bracelet électronique était écarté.
De 4 mois à 2 mois avant de pouvoir repasser le permis
Restait un autre enjeu essentiel : le permis de conduire.
En raison de l’état de récidive, son annulation était obligatoire.
La discussion ne pouvait donc pas porter sur le principe même de cette annulation.
Elle pouvait en revanche porter sur la durée de l’interdiction de solliciter la délivrance d’un nouveau permis.
Le procureur envisageait initialement une durée de 4 mois.
Après discussion, cette durée a finalement été ramenée à 2 mois.
Pour mon client, la différence est importante puisqu’il pourra engager plus rapidement les démarches nécessaires pour retrouver le droit de conduire.
Une peine adaptée ne signifie pas nécessairement une peine légère
Dans ce dossier, l’objectif de la défense n’était pas que mon client ne soit pas sanctionné.
Il était poursuivi en état de récidive et présentait plusieurs antécédents judiciaires. Il était donc parfaitement légitime que la réponse pénale tienne compte de cette situation.
Le rôle de l’avocat est aussi d’être lucide sur les marges de manœuvre d’un dossier.
Mon travail consistait ici à rechercher une peine proportionnée à la situation de mon client, à son évolution depuis les faits et à sa situation professionnelle, et non à obtenir à tout prix une sanction artificiellement faible.
C’est précisément l’un des intérêts de la CRPC : la peine proposée par le procureur peut être discutée et individualisée à partir des éléments concrets du dossier.
Ici, les jours-amende maintenaient une sanction réelle, tandis que le bracelet électronique aurait été particulièrement difficile à concilier avec l’activité professionnelle de mon client.
De même, l’annulation du permis demeurait obligatoire. La discussion a porté sur la durée avant de pouvoir solliciter un nouveau permis, finalement ramenée de quatre à deux mois.
Le résultat obtenu n’est donc pas une absence de sanction. C’est une peine négociée avec le procureur, acceptée par mon client et adaptée à sa situation.
C’est aussi cela, défendre : connaître les règles applicables, mesurer lucidement ce qui peut être obtenu et rechercher, dans chaque dossier, la réponse pénale la plus juste et la plus adaptée possible.
La peine négociée est homologuée par le tribunal
Une fois la proposition arrêtée avec le procureur, mon client a décidé de l’accepter.
Nous nous sommes ensuite présentés devant le tribunal pour la seconde phase de la procédure : l’audience d’homologation.
Le tribunal a homologué la proposition.
Au terme de cette CRPC à Dieppe :
- aucun bracelet électronique ;
- 150 jours-amende à 10 €, soit 1 500 € ;
- annulation du permis de conduire, conséquence obligatoire de la récidive ;
- 2 mois d’interdiction de solliciter un nouveau permis, contre 4 mois initialement envisagés.

Tribunal judiciaire de Dieppe – salle d’audience CRPC @Maître Etienne Lejeune
En CRPC, la défense commence avant l’audience
Ce dossier montre pourquoi une CRPC doit être préparée suffisamment tôt.
Le jour de l’audience, l’avocat doit évidemment connaître le dossier et les conséquences juridiques de la procédure.
Mais il est également utile d’avoir anticipé les éléments susceptibles d’être présentés au procureur : situation professionnelle, évolution personnelle, soins, analyses ou tout autre justificatif pertinent selon le dossier.
Cette préparation ne garantit jamais un résultat.
Elle permet en revanche de discuter utilement de la peine sur la base d’éléments concrets.
👉 À lire également : devant le tribunal judiciaire de Cherbourg, j’avais défendu un autre conducteur poursuivi en CRPC pour une récidive de conduite après usage de stupéfiants. Là encore, les démarches réalisées avant l’audience et les analyses régulières avaient été importantes : CRPC à Cherbourg : récidive de conduite sous stupéfiants et casier judiciaire.
Vous êtes convoqué en CRPC à Dieppe ?
Vous avez reçu une convocation en CRPC devant le tribunal judiciaire de Dieppe pour une conduite après usage de stupéfiants, une récidive ou une autre infraction routière ?
Il est préférable de ne pas attendre les derniers jours pour préparer votre défense.
Selon votre situation, les enjeux peuvent concerner votre permis de conduire, votre emploi, votre casier judiciaire, votre véhicule ou la nature même de la peine proposée par le procureur.
J’interviens devant le tribunal judiciaire de Dieppe, en Seine-Maritime, ainsi que devant les juridictions partout en France pour les procédures liées au droit routier et au permis de conduire.
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