Poursuivi pour délit de fuite après un accident, mon client obtient sa relaxe devant le tribunal
Peut-on être condamné pour délit de fuite lorsque l’on a laissé à la victime le temps de photographier sa plaque d’immatriculation ?
C’est la question qui se posait dans un dossier plaidé le 10 juin 2026.
Mon client était poursuivi pour plusieurs délits routiers. Certains faits étaient reconnus et n’étaient pas contestés. En revanche, il contestait fermement l’accusation de délit de fuite.
Après examen du dossier et des circonstances précises de l’accident, le tribunal a finalement prononcé sa relaxe pour ce chef de poursuite.
Les faits : un accident matériel suivi d’un départ des lieux
Le jour des faits, mon client entre en collision avec un autre véhicule.
L’accident est purement matériel. Aucun blessé n’est à déplorer.
Une discussion s’engage entre les deux conducteurs. Mon client explique alors qu’il est particulièrement pressé et ne souhaite pas remplir immédiatement un constat amiable.
Avant de repartir, il indique à l’autre conducteur :
« Prenez ma plaque d’immatriculation en photo, nous ferons le constat demain. »
La victime photographie alors le véhicule ainsi que sa plaque d’immatriculation.
Mon client quitte ensuite les lieux.
Quelques semaines plus tard, il découvre qu’il est également poursuivi pour délit de fuite.
Le problème juridique : partir après un accident est-il toujours un délit de fuite ?
Beaucoup d’automobilistes pensent qu’il suffit de quitter les lieux d’un accident pour être automatiquement coupable d’un délit de fuite.
La réalité juridique est plus nuancée.
Le délit de fuite suppose une volonté d’échapper à son identification et à sa responsabilité.
Or, la jurisprudence rappelle régulièrement qu’il n’y a pas de délit de fuite lorsque le conducteur est resté suffisamment longtemps sur place pour permettre son identification.
C’est notamment le cas lorsque :
- la victime a pu relever la plaque d’immatriculation ;
- l’identité du conducteur est connue ;
- ou encore lorsque les circonstances permettent de retrouver facilement l’auteur de l’accident.
Autrement dit, un comportement peut être critiquable sur le plan humain sans pour autant constituer une infraction pénale.
La stratégie de défense : démontrer que l’identification était parfaitement possible
Dans ce dossier, l’argumentation était relativement simple.
Mon client n’avait jamais cherché à dissimuler son véhicule.
Au contraire :
✅ il s’était arrêté ;
✅ il avait échangé avec la victime ;
✅ il avait laissé le temps nécessaire pour photographier sa plaque d’immatriculation (il avait même suggéré à la victime de le faire !)
✅ il savait parfaitement que son véhicule pouvait être identifié.
Dans ces conditions, l’élément essentiel du délit de fuite faisait défaut.
Il pouvait éventuellement lui être reproché un manque de courtoisie ou de prudence dans la gestion de l’accident.
Mais juridiquement, il n’avait pas cherché à échapper à son identification.
Le résultat obtenu devant le tribunal
Lors de l’audience du 10 juin 2026, le tribunal a suivi cette analyse.
Si mon client a été condamné pour les autres infractions poursuivies, il a en revanche obtenu une relaxe pour le délit de fuite.
Une décision qui rappelle qu’en droit routier, chaque infraction possède des éléments constitutifs précis et qu’une qualification pénale ne peut être retenue qu’à condition que tous ces éléments soient réunis.

Délibéré – relaxe pour délit de fuite @Maître Etienne LEJEUNE avocat permis de conduire
Pourquoi consulter un avocat en cas d’accusation de délit de fuite ?
Le délit de fuite est une infraction particulièrement sévère.
Une condamnation peut entraîner :
- jusqu’à 3 ans d’emprisonnement ;
- 75 000 € d’amende ;
- une suspension ou une annulation du permis ;
- une inscription au casier judiciaire.
Pourtant, dans certains dossiers, la qualification retenue par les enquêteurs ou le parquet peut être discutée.
Une analyse approfondie des faits, des déclarations et de la jurisprudence permet parfois d’obtenir une relaxe totale, comme dans cette affaire.
👉 Pour en savoir plus sur cette infraction, consultez également mon article complet : Délit de fuite : quelles sanctions et quels moyens de défense ?
Vous êtes poursuivi pour un délit de fuite ?
Chaque dossier est différent.
Avant d’accepter une condamnation ou de reconnaître les faits, il est essentiel d’analyser précisément les circonstances de l’accident et les éléments du dossier.
J’interviens régulièrement devant les tribunaux pour défendre les conducteurs poursuivis pour des infractions routières partout en France.
Prenez rendez-vous afin d’étudier votre situation et les solutions envisageables pour protéger votre permis de conduire et votre casier judiciaire.





















