Récidive de conduite après usage de stupéfiants à Annecy : annulation du permis évitée grâce à deux vices de procédure
Juin 2026 : poursuivi pour une récidive de conduite après usage de stupéfiants, un conducteur obtient finalement une relaxe totale devant le tribunal correctionnel d’Annecy.
Certaines procédures semblent perdues d’avance. C’était précisément ce que pensait mon client lorsqu’il m’a consulté fin 2025.
Contrôlé positif au cannabis, poursuivi en récidive, il venait de recevoir une ordonnance pénale particulièrement sévère prévoyant notamment l’annulation de son permis de conduire.
Pourtant, après analyse approfondie du dossier, deux irrégularités majeures sont apparues.
Résultat : procédure annulée et relaxe totale.
Après Colmar, direction Annecy
Le mardi 23 juin 2026 a été une journée particulièrement chargée pour moi.
Après avoir plaidé le matin devant le tribunal de police de Colmar dans un dossier d’excès de vitesse ayant permis à un conducteur de récupérer immédiatement son permis de conduire, je prenais la route en direction d’Annecy pour une audience fixée à 14 heures.
Cette fois-ci, les enjeux étaient encore plus importants.
Mon client risquait tout simplement de perdre son permis.
Un contrôle positif au cannabis… et une récidive retenue
Quelques mois auparavant, mon client est contrôlé par les forces de l’ordre.
Le test pratiqué révèle la présence de cannabis.
L’affaire prend immédiatement une autre dimension lorsque les enquêteurs relèvent qu’il est en état de récidive légale.
Or, en matière de récidive de conduite après usage de stupéfiants, les sanctions sont particulièrement lourdes.
Parmi elles figure notamment l’annulation obligatoire du permis de conduire.
Mon client reçoit alors une ordonnance pénale prononçant notamment cette annulation.
Persuadé que la situation mérite d’être examinée plus attentivement, il prend rendez-vous avec moi.
L’opposition à l’ordonnance pénale : une décision déterminante
Comme souvent, la première étape consiste à agir rapidement.
Une opposition est formée contre l’ordonnance pénale afin que le dossier puisse être rejugé devant le tribunal.
Cette démarche permet de reprendre entièrement l’analyse de la procédure.
Et c’est précisément à ce moment-là que plusieurs anomalies apparaissent.
Premier vice de procédure : un prélèvement réalisé par les enquêteurs
En étudiant le dossier, je constate une première irrégularité particulièrement importante.
Le prélèvement salivaire destiné à confirmer la présence de stupéfiants n’a pas été réalisé conformément aux règles applicables.
Dans ce dossier, ce sont les forces de l’ordre qui ont procédé elles-mêmes au prélèvement.
Or la réglementation impose normalement que le conducteur effectue lui-même ce prélèvement sous le contrôle des enquêteurs.
Cette garantie n’existe pas par hasard.
Elle vise à assurer la fiabilité de la procédure et le respect des droits du conducteur.
Deuxième vice de procédure : la contre-expertise impossible
Une seconde difficulté apparaît à la lecture du dossier.
Mon client avait demandé une contre-expertise.
Cette demande est un droit fondamental.
Elle permet notamment au conducteur de vérifier le résultat initial et de faire procéder à des analyses complémentaires.
Pour que cette contre-expertise soit possible, encore faut-il que les autorités accomplissent les diligences nécessaires.
Or, dans ce dossier, aucun prélèvement sanguin n’a été réalisé malgré la demande formulée.
Mon client s’est ainsi retrouvé privé de la possibilité d’exercer pleinement ses droits de défense.
Des conclusions de nullité déposées avant l’audience
Compte tenu de ces deux irrégularités, je rédige des conclusions de nullité détaillées.
Celles-ci sont adressées au tribunal et au parquet dix jours avant l’audience.
L’objectif est clair : démontrer que les atteintes portées aux droits de la défense sont suffisamment importantes pour entraîner l’annulation de la procédure.
Une position favorable du parquet
Le jour de l’audience, et avant même les débats, la Procureur présente à l’audience m’indique être favorable aux arguments développés dans mes conclusions.
Une situation plutôt rare qui démontre la solidité juridique de mes conclusions.

Palais de Justice d’Annecy – salle d’audience @Maître Etienne Lejeune avocat permis Annecy
Procédure annulée, relaxe totale !
Après avoir entendu les parties, le tribunal rend sa décision immédiatement.
Les nullités sont retenues.
La procédure est annulée.
Mon client est purement et simplement relaxé.
L’annulation de son permis de conduire disparaît donc avec l’ensemble des poursuites.
Une décision qui change totalement l’issue du dossier.

Décision du tribunal correctionnel d’Annecy : nullité de la procédure et relaxe @Maître Etienne Lejeune avocat permis Annecy
Conduite après usage de stupéfiants : toutes les procédures ne sont pas irréprochables
Ce dossier illustre une réalité souvent méconnue.
La présence d’un résultat positif à un dépistage ne signifie pas automatiquement que la procédure est régulière.
Les règles applicables en matière de stupéfiants au volant sont nombreuses.
Leur non-respect peut parfois avoir des conséquences majeures sur la validité des poursuites.
Attention toutefois : chaque dossier est différent.
La présence d’une irrégularité dans une affaire ne signifie pas que toutes les procédures sont annulables.
Seule une analyse complète permet de déterminer si des moyens de défense existent.
Avocat conduite sous stupéfiants à Annecy
J’interviens régulièrement devant les juridictions de toute la France.
Cette audience à Annecy, après une première plaidoirie le matin même à Colmar, en est une nouvelle illustration.
Si vous êtes poursuivi pour conduite après usage de stupéfiants, récidive, ordonnance pénale ou annulation du permis de conduire, une étude approfondie du dossier peut parfois révéler des éléments déterminants.
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